Inceste et abus sexuels

            

 

 

 

 

Comment un cauchemar peut amener à un sentiment résolutif.

Pendant des années, un même cauchemar revenait encore et encore, hanter mes nuits :

Je suis toute petite et je me trouve dans la maison où j’ai grandi. Je descends les escaliers qui viennent de l’étage supérieur pour aller vers la cuisine. Je descends à pas furtifs, en proie à une épouvante grandissante qui me prend tout le corps.

Une force irrésistible et effrayante m’attire là-bas.

Dans la cuisine, tout au fond, où il fait sombre, une boule de feu rougeoyante  me paralyse d’effroi. Je sais que c’est le diable, qu’il veut me prendre. Je commence à réciter d’une manière désespérée et frénétique des « Ave Maria » (je vivais dans une famille religieuse) pour tenir à distance cette force épouvantable qui veut m’anéantir.

Un matin où je me réveille après avoir fait ce cauchemar, je me rends immédiatement au centre, pour ma session, en proie à une angoisse très vive.

Je m’allonge et je retourne par la pensée à mon rêve, je me plonge dans la terreur qui m’habite, je pleure, je sanglote, je hurle. Et tout à coup, la connection est là, l’image me revient.

Au fond de cette cuisine, j’ai surpris mon père, en trains d’abuser ma petite sœur. Il me regarde comme s’il voulait me tuer. Et moi, en regardant l’attitude de ma sœur, yeux baissés, soumise, résignée, je me revois et je comprends qu’il me l’a fait aussi.

Mon cauchemar n’est plus jamais revenu et j’ai pu commencer à ressentir toute la souffrance que m’avais infligée mon père et aller vers la guérison.

Lisa

 

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Deux cauchemars récurrents sont à l’origine d’une découverte atroce.

 

Ces deux cauchemars ont toujours été accompagnés, invariablement, des mêmes images :

1er cauchemar :

Assise seule sur un banc près d’un bois où je suis allée me promener avec ma mère,  je dois avoir 3 ou 4 ans.  Je regarde ma mère s’éloigner,  sans même se retourner, en dépits de mes appels, de mes pleurs et de mes cris angoissés. Je me sens abandonnée. Alors qu’un homme surgit du bois et se dirige fixement sur moi. Je suis terrorisée,  impuissante et seule.

Après, c’est le trou noir.

2ème cauchemar :

Je dévale quatre à quatre les marches d’un escalier circulaire, sans fond. Je dois avoir 8 ou 9 ans.  Je saute, la main droite cramponnée à la rampe sur laquelle ma main glisse rapidement  en retenant mon corps qui bondit vers le néant. Je ne trébuche jamais mais  mes cris ne parviennent  pas à sortir de ma gorge. J’ai l’impression de râler. Je tente d’échapper à  un homme  qui me poursuit et essaie de m’attraper dans cet escalier qui s’assombrit au fur et à mesure que j’avance. Je sens  son souffle  abominable derrière moi et ce corps atroce qui me talonne. Personne ne vient à mon aide. Je suis impuissante et seule.

 

Par le chemin du sentiment, la mémoire retrouvée.

Je n’ai jamais compris ces rêves mais dans une session, j’ai soudain éprouvé le besoin de préciser que je n’aimais pas être touchée par mon père qui me dégoûtait. Je devais avoir 3 ou 4 ans et ma mère me déposait quotidiennement le soir, dans le lit matrimonial. Je devais tenir compagnie à mon père qui lisait, en attendant que ma mère le rejoigne. J’attendais le retour de ma mère avec impatience et lorsqu’elle venait, elle me soulevait pour me placer dans le petit lit situé juste à côté de celui de mes parents.

Aux questions de ma thérapeute me demandant ce que je ressentais à ce moment, en plus du dégoût, je me mis à ressentir la terreur de mon père. La connexion était là entre les deux hommes qui me terrorisaient dans mes cauchemars et celle avec mon père quand ma mère m’abandonnait. J’ai réalisé alors l’abomination de l’inceste relevant d’attouchement sur ma personne. D’autres images sont revenues par la suite corroborer cette monstruosité. Ma mère me laissait partir  seule à la pêche avec mon père en  week-end  pendant lesquels je devais partager le même lit.

Je me rappelle avoir passé des nuits à l’extrême bord du lit pour ne pas avoir de contact physique avec cet homme. Les gens qui nous hébergeaient dans la maison n’avaient pas l’air de soucier de quoi que ce soit. Je devais avoir 6, 7  ans  car je me vois  encore jouer seule dans la journée au -dessus d’un barrage d’où mon père pêchait au lancer. Je devais aussi, pour faire plaisir à ma mère,  accompagner mon père à la chasse à l’affût !  Elle insistait toujours pour qu’il ne soit pas seul.

J’ai retrouvé une photo de moi, en tenue de chasse, avant de partir avec ce père. Les expressions tristes de mon visage  en disent long sur mes sentiments de résignation. Avant de terminer, je voudrais signaler qu’il n’y a pas de hasard. Un an avant que je retrouve ces souvenirs dans ma thérapie, ma petite fille de 4 ans avait subi des attouchements de la part du mari de sa nounou. Ma fille a aussitôt réagi ainsi que moi-même de façon que la parole de l’enfant soit reconnue par rapport à celle de l’adulte. Je ne savais pas encore ce que j’allais découvrir sur ma propre vérité.

 

Claire – 20.5.05.

 

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